Plancher pelvien : exercices, fuites urinaires et prolapsus
Le rôle du périnée, les exercices du plancher pelvien, les fuites urinaires, le prolapsus et quand consulter, d’après les pages du NHS consacrées au périnée.
Fait partie du guide : Santé vaginale : pertes, mycose, vaginose, toilette douce
Par l'équipe éditoriale de SOMAS Management 8 min de lecture

Le plancher pelvien, qu’on appelle aussi périnée, est un ensemble de muscles auquel on pense surtout quand quelque chose change : une petite fuite en riant, une sensation de lourdeur, ou l’impression que les rapports ne sont plus tout à fait les mêmes. Ce guide réunit ce que dit le NHS sur ces muscles, sur les exercices, sur les fuites urinaires, sur le prolapsus et sur le lien avec la sexualité. Ce sont des informations générales, pas un avis médical. Pour votre situation, un médecin, une sage femme, une infirmière ou un ou une kinésithérapeute spécialisée est le bon interlocuteur.
À quoi sert le plancher pelvien
Les muscles du plancher pelvien entourent la vessie et l’urètre, le canal qui évacue l’urine, et contrôlent le passage de l’urine, explique le NHS. Quand ils sont affaiblis ou abîmés, des fuites peuvent apparaître : c’est pourquoi on recommande souvent de les entraîner.
Pour les repérer, le NHS propose d’imaginer que vous retenez une envie de faire pipi et un gaz. Les muscles qui se resserrent alors sont ceux du plancher pelvien.
Comment se font les exercices
Les exercices du plancher pelvien, qu’on appelle aussi exercices de Kegel, consistent à contracter ces muscles puis à les relâcher. Le NHS décrit le mouvement ainsi :
- Contracter rapidement les muscles du plancher pelvien, sans rentrer le ventre.
- Tenir la contraction un court instant, puis relâcher complètement.
- Recommencer, en alternant contractions courtes et contractions longues.
- Respirer normalement, rester détendue, et allonger peu à peu le temps de maintien.
Bien les faire compte, souligne le NHS, et il peut falloir quelques mois avant d’en sentir les effets. Un ou une spécialiste peut vérifier si vous arrivez à contracter ces muscles, et avec quelle force, puis construire un programme à partir de ce bilan.
Quand la contraction est difficile, les spécialistes disposent d’autres outils. La stimulation électrique utilise une petite sonde qui aide les muscles à travailler pendant l’exercice. Le biofeedback montre sur un écran quand les muscles se contractent : selon le NHS, les preuves d’un vrai bénéfice sont limitées, mais il peut aider certaines personnes à rester motivées. Les cônes vaginaux, de petits poids maintenus par le plancher pelvien, peuvent aider pour certaines fuites, même si certaines femmes les trouvent inconfortables.

Les fuites urinaires
L’incontinence urinaire, c’est à dire la perte involontaire d’urine, est un problème courant qui touche des millions de personnes, rappelle le NHS. Elle prend plusieurs formes :
| Type | Ce qui se passe |
|---|---|
| Incontinence d’effort | Des fuites quand la vessie subit une pression, par exemple en toussant ou en riant |
| Incontinence par urgence | Des fuites avec une envie soudaine et intense d’uriner, ou juste après |
| Incontinence par regorgement | La vessie ne se vide pas complètement, ce qui provoque des fuites fréquentes |
| Incontinence mixte | Effort et urgence en même temps |
L’incontinence d’effort vient le plus souvent de muscles affaiblis ou abîmés, comme ceux du plancher pelvien et le sphincter de l’urètre. La grossesse et l’accouchement par voie basse, des antécédents familiaux et l’avancée en âge augmentent le risque, même si l’incontinence n’est pas une fatalité de l’âge, insiste le NHS.
Ce qui aide au quotidien
Le NHS cite plusieurs habitudes qui peuvent atténuer les fuites :
- Des exercices du plancher pelvien chaque jour, bien faits.
- Ne pas fumer, car la toux sollicite le plancher pelvien.
- Remplacer les sports à fort impact et les abdominaux classiques, qui ajoutent de la pression, par du renforcement comme le pilates.
- Contracter le plancher pelvien avant et pendant un effort pour soulever, et éviter les charges lourdes quand c’est possible.
- Traiter vite la constipation et ne jamais retenir l’envie d’aller à la selle, car pousser affaiblit le plancher pelvien.
- Réduire la caféine et l’alcool, qui irritent la vessie ou font uriner davantage.
- Boire suffisamment : limiter les boissons aggrave l’incontinence, car la vessie s’habitue à contenir moins.
- Modérer les plats épicés et acides, qui peuvent irriter la vessie.
Comment se passe la prise en charge
Le NHS conseille de voir un médecin pour toute forme d’incontinence urinaire, sans gêne. Le médecin pose des questions, peut faire un examen pelvien et peut proposer de noter dans un carnet ce que vous buvez et à quelle fréquence vous urinez.
Les traitements sans médicament ni chirurgie viennent d’abord : changements d’habitudes, rééducation du plancher pelvien et, pour l’incontinence par urgence, rééducation de la vessie, qui apprend à espacer le moment où l’envie arrive et celui où l’on va aux toilettes. Les services de continence du NHS, avec des infirmières et des kinésithérapeutes spécialisés, peuvent poser le diagnostic et commencer le traitement, et l’on peut parfois s’y adresser directement. Les protections absorbantes aident en attendant le rendez vous. Si cela ne suffit pas, le médecin peut parler de médicaments ou de chirurgie.
Le prolapsus
Un prolapsus des organes pelviens peut survenir quand les muscles du plancher pelvien s’affaiblissent. Selon le NHS, il est fréquent chez les femmes de plus de 50 ans et peut toucher toute personne qui a un vagin. Il peut ne donner aucun symptôme, ou bien :
- Une sensation de lourdeur, de gêne ou de pression dans le bas du ventre ou le vagin.
- Une boule ou une masse sentie ou vue dans le vagin, ou qui en sort.
- Une douleur, une gêne ou un engourdissement pendant les rapports.
- Des difficultés pour aller à la selle, comme la constipation, ou pour uriner, comme une vessie qui ne semble pas vide ou de petites fuites en toussant, en éternuant ou en faisant du sport.
Parmi les causes possibles : la grossesse et l’accouchement, une constipation ancienne avec des efforts de poussée, une toux persistante, une chirurgie pelvienne comme l’ablation de l’utérus, et certaines affections, comme l’hyperlaxité articulaire. Il devient plus fréquent avec l’âge, surtout après la ménopause.
Pendant la consultation, le médecin pose des questions et vous examine. Vous pouvez demander la présence d’une autre personne et un examen par une femme médecin. Le traitement dépend des organes concernés et de la gêne ressentie. Si le prolapsus ne vous gêne pas, un traitement n’est pas forcément nécessaire. Sinon, les possibilités comprennent la rééducation avec un ou une kinésithérapeute spécialisée, un pessaire de soutien placé dans le vagin, un traitement hormonal ou, pour un prolapsus important, une chirurgie, décidée avec votre médecin.
Ce que suggère le NHS en cas de prolapsus
- Des exercices réguliers du plancher pelvien.
- Plus de fibres, assez d’eau et une activité douce comme la marche, pour éviter la constipation.
- Éviter les activités qui sollicitent fortement le plancher pelvien, comme porter lourd, courir ou faire du trampoline.
- Ne pas fumer, pour éviter une toux persistante.
Le plancher pelvien et la sexualité
Le plancher pelvien joue aussi un rôle dans la sexualité. Dans le vaginisme, les muscles du vagin se contractent d’eux mêmes, et le NHS compte parmi les traitements les exercices du plancher pelvien, contracter et relâcher pour apprendre à maîtriser ces muscles. Dans la vulvodynie, des muscles du plancher pelvien faibles font partie des causes possibles citées par le NHS, et les exercices font partie de la prise en charge. Un prolapsus peut aussi causer une douleur ou un engourdissement pendant les rapports. Les rapports douloureux détaillent ces situations, la santé vaginale traite de la sécheresse et des infections, et la cystite et les infections urinaires parlent des brûlures et des envies pressantes dues à une infection plutôt qu’au plancher pelvien. Si vous utilisez des accessoires en pensant au périnée, la sécurité des sextoys explique les matières et le nettoyage.
Quand consulter
Le NHS conseille de voir un médecin dans ces situations :
- Toute forme d’incontinence urinaire.
- Une boule dans le vagin ou autour, ou un autre signe de prolapsus.
- Des muscles du vagin qui se contractent quand quelque chose y est introduit, si vous pensez à un vaginisme.
- Une douleur ou une gêne de la vulve qui ne passe pas ou revient.
Un médecin, une sage femme, une infirmière ou un ou une kinésithérapeute spécialisée peut vous dire ce qui s’applique à vous.
Questions sur le plancher pelvien
Exercices du périnée et exercices de Kegel, c’est la même chose ?
Oui. Le NHS emploie les deux noms pour le même entraînement : contracter les muscles du plancher pelvien puis les relâcher, avec des contractions courtes et longues.
Combien de temps avant de voir un effet ?
Selon le NHS, il peut falloir quelques mois avant d’en sentir les effets, et l’essentiel est de bien faire les exercices.
Une ordonnance est nécessaire pour voir un spécialiste ?
Le NHS indique que le médecin peut orienter vers un service spécialisé, et que l’on peut parfois s’y adresser directement. Un médecin ou une sage femme peut vous dire comment accéder à une rééducation.
Les poids vaginaux, c’est une bonne idée ?
Le NHS décrit les cônes vaginaux, de petits poids maintenus par le plancher pelvien, comme un outil que certains spécialistes utilisent avec la rééducation. Certaines femmes les trouvent inconfortables : mieux vaut en parler d’abord avec un ou une spécialiste.
La course à pied abîme le périnée ?
Les sports à fort impact peuvent ajouter de la pression et augmenter les fuites, selon le NHS, et en cas de prolapsus il conseille d’éviter la course et les charges lourdes. Le renforcement comme le pilates est plus doux.
Sources et pour aller plus loin
Information générale de l’équipe éditoriale de SOMAS Management, fondée sur les sources publiques citées dans cet article. Elle ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un service de santé sexuelle, et les recommandations varient d’un pays à l’autre. Une relecture par un professionnel est prévue. Sources vérifiées le 29 octobre 2026.



